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28 Mar

Le Médracen, mausolée numide.

Publié par BLOG ALGERIE DECOUVERTE  - Catégories :  #Medracen Archéologie

Situé entre Batna et Aïn Kercha

                        Source photos cbaisan/panoramio

Le Medracen (tombeau Imedghassen) ou Medghassen ou Madghis est un mausolée numide situé sur la route de Constantine dans la wilaya de Batna en actuelle Algérie, et datant du IIIe siècle av. J.-C. C'est un gigantesque dôme cerclé de colonnes surmontées de chapiteaux de style dorique.

C'est le plus ancien mausolée royal d'époque préromaine d'Afrique du nord. D'après des historiens médiévaux, il tirerait son nom du nom d'un roi de Numidie. Il a été soumis pour figurer dans la liste du patrimoine mondial par les autorités algériennes en 2002


Source photos auresia.com

De l'extérieur, Imedghassen se présente sous la forme d'un socle cylindrique, souvent vu comme typiquement berbère et interprété comme une bazina à degrés, c'est à dire une construction de forme cylindrique surmontée d'un cône formé de gradins, mais à la fois plus grande que les bazinas courantes. D'un diamètre de 59 mètres et 18,50 mètres de haut, le tout en pierre de tailles rendues solidaires par des crampons en bois de cèdre enrobé de plomb…

Habillé d'un décor sobre emprunté à la civilisation hellénistique peut-être à partir d'intermédiaires puniques, 60 colonnes doriques surmontées d'une corniche dont la gorge égyptienne réparties entre de fausses portes, sculptées en trois points équidistants. Une plateforme au sommet supportait peut être une sculpture : lions, chariots, statues ailées ou autre sujet.



Interprétation archéologique

Pour Gabriel Camps les grands monuments funéraires berbères comme le Medracen , le Mausolée Royal de Maurétanie dit le tombeau de la chrétienne et les Djeddars de Frenda à Tiaret sont liés par une même tradition architecturale autochtone. Ils constitueraient une forme magnifiée des sépulture dites Bazinas attestées en Afrique du Nord depuis des milliers d'années.

Au contraire selon Yvon Thébert et Filippo Coarelli, le Medracen doit être compris comme le signe d'une nouveauté historique et culturelle : la vision de Camps est critiquée et considérée comme enfermant les peuples du nord de l'Afrique dans une immobilité culturelle et un isolement. Arguant du fait que le Medracen doit être daté de la fin du IIIème siècle avant notre ère ou de la première moitié du IIe siècle av. J.-C, ces deux archéologues et historiens considèrent que le Medracen, comme les autres grands mausolées numides, ne doit pas être interprété comme la manifestation de la continuité culturelle locale, par comparaison avec les bazinas, mais par comparaison avec les mausolées hellénistiques comme le signe d'une rupture dans la société numide : les souverains numides adoptent le vocabulaire architectural et funéraire des grands royaumes hellénistiques et manifestent ainsi leur insertion dans le monde méditerranéen et leurs ambitions : par son tombeau, la nouvelle dynastie proclame que les temps ont changé. Le Medracen appartiendrait donc à la grande archéologie méditerranéenne de l'époque hellénistique manifestant un goût archaïsant mais aussi un très bonne connaissance du vocabulaire architectural le plus récent comme en témoigne la présence d'une gorge égyptienne. Le Médracen témoignerait donc pleinement de l'hellénisation choisie et active d'une aristocratie numide et de son insertion dans les puissances politiques méditerranéennes, hellénisation attestée aussi par les sources numismatiques et épigraphiques.

Le Mausolée Royal de Maurétanie, souvent nommé Tombeau de la Chrétienne est un monument similaire mais un peu plus tardif. Quant aux Djeddars, ils seraient plutôt dérivés des tumulus

. L'historien égyptien du XIe siècle Al Bakri était le premier à décrire le monument dans sa description de l'Afrique septentrionale. Il raconte que Madghis était un roi du pays et que dans le passé, un ordre fut donné a un grand nombre d'individus pour détruire le monument mais que le résultat est resté sans succès. Al Bakri parla aussi de beaux bas reliefs qui décoraient le mausolée représentant des animaux divers et couronné d'un arbre ou une structure, nul trace ne subsiste aujourd'hui de tels reliefs.

Ibn Khaldoun rapporte au XIVe siècleque, selon les références d'historiens berbères, Madghis serait l'ancêtre des Numides. Il cite Madghis comme un ancêtre des Berbères de la branche Botr ( botr est le surnom de Madghis ) : Zénètes, Ifren, Maghraoua (Aimgharen), Dejrawa, Zianidesetc.., etc.. Medracen serait aussi l'ancêtre des Sanhadja (Zirides, Hammadides, Almoravides) et des autres tribus berbères Kutama, etc.

 

Source photos cbaisan/panoramio

Les archéologues du XIXe siècle n'ont rien trouvé du tout, des restes du défunt ni du mobilier funéraire qui devait l'accompagner. Des générations de pillards avaient déjà tout emporté, surtout à l'époque turque Le sommet du monument, incomplet devait être occupé par un édicule, qui a disparu lui aussi.

D'après une rumeur qui courait dans la région des Aurès vers 1866, l'ottoman Saleh Bey, gouverneur de Constantine en son temps, avait voulu entrer de force dans le monument, et a ordonné de tirer au canon sur le mausolée. Cependant, d'après les fouilles de l'époque, M. Beckers dément de telles allégations, même si d'autres sources indiquent qu'il y a réellement une brèche dans la pyramide de Madracen et que cela aurait été le fait de Saleh Bey


Source photos cbaisan/panoramio

Lorsque les Français ont entrepris les fouilles au milieu du XIX
e siècle, ils ont demandé aux habitants l'appellation du monument. Les habitants des Aurès l'appellent Madr- Hazem ou Madrazen. Les Français le nomment Madracen.

Dès les débuts des fouilles, le Mausolée fut attribué à plusieurs noms comme Syphax ou des parents de Massinissa ou de Micipsa. Le monument fut décerné aussi aux Romains, et l'hypothèse fantaisiste fut avancée que Probus aurait érigé ce monument à la gloire d'Aradion hypothèse par la suite démentie par les chercheurs.

Une fouille rapide a été entreprise par l'armée française en 1854 sous le commandement de M. Brunon. Quelques pièces archéologiques ont été retrouvées par l'équipe chargée de la fouille dont M. Cahen , celui qui a rédigé un rapport sur la fouille,

Les objets trouvés à proximité du monument d'après le rapport M Cahen grand-rabbin: des morceaux de silex en plusieurs formes; des collier; du cuir; de la laine; un bout de cuivre; des bracelets et anneaux; un crochet en fer; du plomb; une hachette; des plats en bois et en terre cuite; deux cranes; des ossements; de l'ivoire; une lampe en terre cuite; des médailles, etc Les objets en question ont été envoyés au musée de Paris. Les objets ont curieusement disparu du musée de Paris sans aucune explication de la part des responsables.

D'après le zoologue Jules René Bourguignat qui s'était penché sur les antiquités algériennes, le monument appartiendrait à tous les rois Numides, elle serait la sépulture des Numides. L'auteur dément catégoriquement que Madracen est un monument romain. Le chercheur Jules-René Bourguignat signale que Madracen est un monument Lybique qui atteste l'origine des Chaouis, des Kabyles, etc.

Et d'après Honoré Gibert en 1882, Madghassen serait le plus beau et le plus important site berbère de l'Algérie. Le monument représente Madrès (Madghis) qui serait le père fondateur de la Numidie et donc un probable ancêtre de Massinissa.

Source photos auresia.com

Légende orale
D'après la légende orale, la Kahina ( la reine Dihiya ) venait souvent à cet endroit pour se recueillir devant le mausolée. D'après Ibn Khaldoun, Medghassen étant l'ancêtre des Zénètes, il était donc indirectement celui de la Kahina.

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faadu13 26/06/2009 14:22

bonjour, un grand merci , pour toutes c'est belle photos de l'algerie

CHINETTI Gérard 30/03/2009 17:08

Très beau ton blog...J'aime passionnément l'Algérie...J'avais entrepris un site, un peu en panne ces temps-cihttp://algerie3ememill.multiply.com/Amitiés

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